Il y a des phrases que j’entends très souvent en séance, quel que soit l’âge ou le parcours :
“Je sais que ça me fait du mal, mais je recommence.”
“J’ai essayé d’arrêter, mais je n’y arrive pas.”
“J’ai besoin de ça pour tenir.”
On parle alors d’addiction. Et presque immédiatement, une idée s’impose, celle d’un manque de volonté, d’un défaut de contrôle, comme s’il suffisait de décider autrement pour que les choses changent.
Mais dans la réalité clinique, ce que l’on observe est tout autre.
L’addiction ne parle pas seulement d’un comportement. Elle parle d’un lien à quelque chose qui vient, à un moment donné, faire fonction de soutien.
L’addiction : une tentative de régulation
Comprendre l’addiction suppose de déplacer légèrement le regard.
Ce que l’on appelle “addiction” est très souvent une solution trouvée, parfois très tôt, pour faire face à une tension interne difficile à contenir.
Cela peut être une angoisse diffuse, une émotion trop intense, un sentiment de vide, une fatigue psychique, ou simplement l’impossibilité de se poser avec ce qui est là.
Dans ce contexte, la consommation ou le comportement n’est pas le problème en lui-même. Il devient un moyen de réguler, d’apaiser, de tenir.
Et c’est précisément pour cela qu’il est si difficile à abandonner.
Ce que l’addiction vient souvent cacher
Derrière une addiction, on retrouve rarement “juste” une habitude.
On retrouve souvent une forme de vulnérabilité :
- une anxiété importante
- un sentiment de vide
- une difficulté à réguler ses émotions
- une solitude intérieure
- une estime de soi fragilisée
Et très souvent, une histoire où certains besoins n’ont pas été suffisamment entendus, accueillis, sécurisés.
L’addiction ne naît pas par hasard, elle s’installe là où quelque chose a manqué ou débordé. Comprendre l’addiction permet de mieux identifier les mécanismes de dépendance et les besoins émotionnels qui se cachent derrière.
Derrière une addiction, il y a rarement quelque chose de superficiel.
Addiction et attachement : un lien discret mais puissant
On parle rarement d’attachement quand on parle d’addiction, alors qu’elle peut être liée à une dépendance émotionnelle, à des schémas d’attachement ou à une difficulté à réguler ses émotions.
Lorsqu’une personne n’a pas pu construire un sentiment de sécurité suffisant dans ses relations, elle peut être amenée à chercher ailleurs ce que le lien n’a pas permis de stabiliser.
Cela peut passer par une substance, un comportement, une activité répétée. Quelque chose de disponible, prévisible, accessible, qui ne dépend pas de l’autre.
Dans ce sens, l’addiction peut devenir une forme de base de sécurité de substitution. Elle ne remplace pas un lien, mais elle vient en tenir lieu, temporairement. C’est souvent discret, mais c’est central.
Si ces questions résonnent pour vous, vous pouvez également explorer ce qui se joue dans vos relations à travers le test sur la dépendance affective, ou à travers les contenus autour des liens d’attachement disponibles sur le site.
Suis-je sujet à la dépendance affective ?
Ai-je besoin d’une thérapie ?
Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter ?
Parce que l’addiction ne se situe pas uniquement dans l’acte mais dans ce qu’elle procure :
- un apaisement immédiat
- une sensation de contrôle
- une coupure avec ce qui fait mal
Arrêter, ce n’est pas juste arrêter un comportement, c’est se retrouver face à ce qu’il permettait d’éviter. Beaucoup de personnes arrivent avec cette idée : arrêter de boire, de consommer, de jouer, de vérifier, de travailler à l’excès.
Mais ce que l’on observe, c’est que l’arrêt, en lui-même, ne règle rien. Il peut même parfois fragiliser davantage, en laissant la personne seule face à ce que le comportement venait contenir.
Ce qui rend l’addiction difficile, ce n’est pas uniquement le geste. C’est ce qu’il procure, un apaisement immédiat, une sensation de contrôle, parfois même une forme de soulagement très concret.
Renoncer à cela sans alternative revient à se confronter directement à l’inconfort initial. Et cela demande autre chose qu’un effort de volonté.

Toutes les addictions ne se ressemblent pas
Lorsque l’on parle d’addiction, certaines images viennent rapidement à l’esprit : alcool, drogues, médicaments.
Mais il existe d’autres formes, parfois moins visibles, et pourtant tout aussi envahissantes :
- les addictions comportementales (écrans, jeux, travail…)
- les addictions relationnelles, lorsque l’autre devient une condition pour se sentir exister.
- les habitudes du quotidien devenues indispensables
Ces formes d’addiction sont souvent plus difficiles à repérer, précisément parce qu’elles s’intègrent dans la normalité apparente du quotidien. Et parfois, elles sont invisibles, mais tout aussi envahissantes.
Faire le point peut alors être une première étape utile. Le test : Ai-je une addiction ? permet d’explorer cela de manière simple et structurée.
Le rôle central de l’estime de soi
Dans la majorité des situations, la question de l’estime de soi est présente.
Lorsque l’on ne se sent pas suffisamment solide intérieurement, il devient difficile de réguler seul ses émotions, de poser des limites, ou simplement de se sentir stable sans appui extérieur.
L’addiction peut alors venir soutenir ce qui vacille. Elle devient un point d’appui, même fragile.
Travailler sur l’estime de soi ne consiste pas à “se convaincre” de sa valeur, mais à reconstruire un rapport plus juste à soi-même, plus stable, moins dépendant du regard ou du contexte.
Si ce point vous parle, vous pouvez également explorer le test sur l’estime de soi ou les ressources proposées autour de cette thématique.
Quel est mon niveau d’estime de soi ?
Cultiver une estime de soi positive (ebook)
Se libérer d’une addiction : ce que ça implique vraiment
Sortir d’une addiction ne consiste pas simplement à supprimer un comportement.
Il s’agit plutôt de comprendre ce qui se joue, de mettre du sens sur ce qui était jusque-là vécu comme incontrôlable, et de trouver d’autres manières de réguler, de contenir, d’exister.
La thérapie offre un espace pour cela. Un espace où les choses peuvent être déposées sans être immédiatement corrigées, où les mécanismes peuvent être compris sans être jugés.
Elle permet, progressivement, de retrouver du choix là où il n’y en avait plus.
Sortir d’une addiction, ce n’est pas “se contrôler”.
C’est comprendre :
- ce que vous fuyez
- ce que vous apaisez
- ce que vous cherchez à travers elle
Et surtout apprendre à faire autrement :
- réguler ses émotions
- poser des limites
- retrouver du choix
- reconstruire un lien à soi plus stable
Peut-on s’en sortir seul.e ?
Parfois, oui.
Mais souvent, ce n’est pas une question de capacité, c’est une question de solitude face à quelque chose de trop grand.
La thérapie permet :
- de mettre du sens
- de comprendre ses mécanismes
- de sortir de la culpabilité
- de retrouver des alternatives
Et surtout de ne plus être seul.e face à ça
Et concrètement ?
Si cet article fait écho à quelque chose pour vous, vous pouvez prendre le temps d’explorer les ressources disponibles sur le site, qu’il s’agisse des tests ou des articles.
Et si vous ressentez le besoin d’être accompagné, il est possible de me contacter pour une séance en visio ou au cabinet de Giat.
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