Confiance en soi ou estime de soi : comment ne plus travailler sur le mauvais problème

On entend souvent : Il faut que je prenne confiance en moi. Et c’est vrai, parfois.

Mais très souvent, ce n’est pas la confiance qui manque. C’est l’estime de soi.

La confiance en soi, c’est l’assurance de pouvoir faire.
L’estime de soi, c’est la sensation d’être valable, digne, respectable, même quand on ne réussit pas, même quand on doute, même quand on tombe.

Et quand on confond les deux, on fait un truc très humain, on renforce la façade, alors que c’est le socle qui a besoin d’attention.

Dans cet article, je vous propose une lecture claire et concrète :

  • la différence entre estime et confiance,

  • les symptômes fréquents d’une estime fragile (ceux qui se cachent bien),

  • les répercussions dans la vie affective, pro, corporelle, sexuelle etc

  • et une manière de commencer à reconstruire, sans se coller une pression de développement personnel façon deviens la meilleure version de toi-même avant lundi.

Estime de soi : de quoi parle-t-on vraiment ?

L’estime de soi, c’est la valeur que l’on s’accorde en tant que personne.
Pas en tant que personne performante, personne utile, personne irréprochable.

On peut distinguer deux dimensions.

Estime de soi globale

C’est le fond : Je suis quelqu’un qui mérite d’être aimé, respecté, considéré.
Elle se construit dans l’histoire, dans nos premières relations, la manière dont on a été regardé, accueilli, encouragé, comparé, critiqué, protégé ou non.

Estime de soi spécifique

Elle concerne des domaines précis, comme le travail,  la parentalité, l’image corporelle, les relations, la sexualité, la prise de parole, etc.

On peut donc se sentir bien globalement mais se dévaloriser dans un domaine précis, ou à l’inverse, très compétent extérieurement et fragile intérieurement.

Confiance en soi vs estime de soi : la confusion la plus fréquente

La confiance en soi

C’est, Je pense que je peux le faire.
Elle dépend beaucoup des compétences, de l’expérience, du contexte, du soutien, de l’état de fatigue aussi.

L’estime de soi

C’est, Je me sens valable, même si je rate.
Et ça, c’est un autre sujet.

Voilà le point clé : On peut avoir confiance en soi et manquer d’estime de soi.

On peut être compétent, charismatique, efficace, et vivre avec :

  • une peur d’être “démasqué”,

  • une impression de ne jamais mériter vraiment,

  • une dépendance au regard extérieur,

  • une difficulté à se respecter soi-même.

Autrement dit, la confiance permet d’agir. L’estime permet de se sentir en sécurité avec soi.

estime de soi photo

Les signes d’une estime de soi fragile

Une estime fragile ne crie pas forcément “je me déteste”.
Elle se manifeste souvent de manière beaucoup plus subtile, parfois même socialement valorisée.

Dans la tête : le doute qui grignote

  • les ruminations (j’aurais pas dû dire ça…)

  • la comparaison permanente

  • le sentiment d’imposture

  • la difficulté à décider (par peur de se tromper, peur d’être nul)

  • la tendance à minimiser ses réussites (oui bon, c’était facile, j’ai eu de la chance)

Dans l’émotionnel : la honte, la culpabilité, l’hypersensibilité au rejet

  • la honte rapide, parfois silencieuse

  • la culpabilité chronique (même quand on n’a rien fait de mal)

  • l’ hypervigilance aux signes relationnels : ton, réponse, délai, regard

  • la peur d’être trop”(trop sensible, trop intense, trop exigeant)

  • ou la peur d’être pas assez

Dans le comportement : la suradaptation ou l’évitement

Voici les deux grandes stratégies :

1) La suradaptation

  • dire oui en pensant non

  • s’excuser beaucoup, se justifier trop

  • chercher à être irréprochable

  • porter, gérer, anticiper pour tout le monde

2) L’évitement

  • la procrastination (souvent liée à la peur de l’échec ou au perfectionnisme)

  • éviter les situations où l’on pourrait être jugé

  • se retirer, ne plus demander, ne plus tenter

  • s’isoler quand ça ne va pas (avec un joli “je préfère être seul” en façade)

Dans les relations : limites floues et insécurité affective

  • la peur de décevoir, peur d’être quitté

  • la difficulté à poser des limites

  • l’attraction pour des relations où il faut “mériter”

  • la jalousie, besoin de preuves, besoin de réassurance ou au contraire froideur défensive

  • la difficulté à recevoir : compliments, aide, amour, attention

Une estime fragile pousse souvent à une question permanente : Est-ce que je compte vraiment ou est-ce qu’on pourrait me remplacer facilement ?

estime de soi photo

Dans le corps : une tension, une fatigue, une hypervigilance

Le corps est souvent le premier à parler :

  • les tensions musculaires, les mâchoires serrées, le souffle court

  • les troubles du sommeil

  • la fatigue nerveuse

  • les troubles digestifs liés au stress

  • l’alternance contrôle / craquage (alimentation, écrans, etc.)

Dans la sexualité : le contrôle, le retrait ou la suradaptation

Quand l’estime est fragile, la sexualité peut devenir :

  • un lieu de performance

  • un lieu de validation (si je suis désiré(e), je vaux quelque chose)

  • un lieu de contrôle (difficulté à lâcher prise)

  • ou un lieu d’évitement (baisse de libido, déconnexion, dissociation légère)

Ce n’est pas dans la tête au sens léger du terme. C’est dans le système de sécurité intérieure.

Au travail : le perfectionnisme, l’épuisement, le sentiment de ne jamais être assez

  • travailler plus pour se sentir légitime

  • la peur de demander, la peur de négocier

  • la difficulté à se mettre en avant

  • la peur de l’erreur

  • le burn-out discret : on tient, mais on s’éteint

D’où vient une estime de soi fragile ?

Il n’y a pas une seule origine. Il y a souvent un tissage.

  • un amour conditionnel : être aimé surtout quand on réussit, quand on est sage, quand on aide

  • des comparaisons : explicites ou implicites

  • des critiques récurrentes ou moqueries

  • un manque de sécurité affective (instabilité, absence émotionnelle, incohérence)

  • des expériences relationnelles marquantes (trahisons, humiliations, violences, harcèlement…)

  • des rôles familiaux : l’enfant parentifié, l’enfant fort, l’enfant sage, l’enfant médiateur

Très souvent, une estime fragile n’est pas un défaut. C’est une adaptation ancienne, une stratégie pour rester aimé, accepté, en lien, en sécurité.

Le problème, c’est que ce qui protège à 8 ans, abîme à 38.

Comment commencer à reconstruire l’estime de soi ?

Je ne vais pas vous noyer sous 15 exercices ici. Parce que l’objectif de cet article, c’est d’abord comprendre et reconnaître.

Mais je vous laisse deux pistes simples (et puissantes) pour démarrer.

1) Repérer la voix intérieure qui juge

Pas pour la faire taire (elle adore quand on l’attaque). Mais pour apprendre à dire : Ok, je t’ai entendu. Et je ne vais pas te laisser conduire.

Quand vous repérez ce discours (je suis nul.le, je vais déranger, je ne mérite pas, je ne suis pas intéressant.e), vous reprenez déjà une forme de pouvoir.

2) Chercher des preuves de solidité, pas des preuves de perfection

L’estime ne grandit pas quand on devient parfait. Elle grandit quand on découvre que même imparfait(e), on tient, même en difficulté, on reste valable.

Voici des micro preuves quotidiennes :

  • j’ai posé une limite

  • j’ai osé dire

  • je me suis respecté

  • je n’ai pas insisté pour plaire

  • je me suis reposé sans culpabiliser (un peu)

Ce sont des briques. Pas des feux d’artifice.

Et si vous souhaitez aller plus loin

Si vous vous êtes reconnu(e) dans plusieurs signes décrits ici, il est possible que vous ayez passé des années à vouloir prendre confiance, alors que le vrai travail est ailleurs.

J’ai conçu un ebook pour ça : L’estime de soi : la racine cachée de vos difficultés.Ebook l'Estime de soi, téléchargement immédiat paiement sécurisé
L’idée est d’arrêter de travailler uniquement la façade (la confiance) et reconstruire le socle (l’estime), avec une démarche structurée et des outils guidés. Télécharger l’Ebook: L’Estime de Soi, la Racine cachée de vos difficultés 

FAQ – Estime de soi

Peut-on avoir confiance en soi mais manquer d’estime ?

Oui. La confiance porte sur la capacité à faire. L’estime porte sur la valeur personnelle. On peut être compétent(e) et se sentir intérieurement illégitime.

Quels sont les signes les plus fréquents d’une estime fragile ?

Rumination, comparaison, suradaptation, difficulté à poser des limites, perfectionnisme, peur du rejet, culpabilité, épuisement, difficulté à recevoir.

Est-ce que l’estime de soi se “répare” vraiment ?

Oui. Ce n’est pas instantané, mais c’est transformable. L’estime de soi se reconstruit par une expérience répétée : se respecter, se comprendre, se sécuriser intérieurement, et sortir progressivement des scénarios anciens

Besoin d’aide ? Contactez-moi pour une séance en visio ou au cabinet de Giat si vous souhaitez être accompagné.e de manière personnalisée.

 

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