La communication sexuelle dans le couple : parler du désir, des limites et de ce qui change

par | 17/02/24 | Sexualité

Il est parfois plus facile de faire l’amour que de parler de sexualité.

Dire ce que l’on aime, ce que l’on aimerait essayer, ce qui ne convient plus ou ce dont on a moins envie peut devenir délicat, même après plusieurs années de vie commune. Il y a la peur de vexer l’autre, d’être jugé, de donner l’impression qu’il manque quelque chose ou simplement de mettre des mots sur un domaine que l’on a toujours vécu sans beaucoup en parler.

Pourtant, la communication sexuelle ne sert pas uniquement à résoudre les difficultés lorsqu’elles apparaissent. Elle permet aussi de continuer à se connaître alors que les corps, les envies et la relation évoluent. Ce qui plaisait il y a dix ans ne plaît pas nécessairement de la même façon aujourd’hui, et deux partenaires ne devinent pas toujours ce qui a changé chez l’autre.

Oser parler de sexualité

Une conversation sur la sexualité est rarement facilitée lorsqu’elle commence juste après un refus, au milieu d’une dispute ou lorsque l’un des partenaires se sent déjà blessé.

Choisir un autre moment permet souvent de parler davantage de soi et moins de ce que l’autre ferait mal, mais de ce qui manque, de ce qui plaît encore, de ce dont on aurait envie davantage, de ce qui provoque aujourd’hui de l’appréhension ou de ce qui a changé depuis quelque temps.

Il n’est pas nécessaire non plus de transformer cette conversation en grand bilan de la sexualité du couple. Une question beaucoup plus simple peut suffire : Est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais que l’on fasse différemment ? ou Qu’est-ce que tu aimes particulièrement entre nous en ce moment ? 

Cette manière de parler laisse davantage de place à la curiosité qu’à l’évaluation.

la communication sexuelle dans le couple photo

La communication sexuelle passe aussi par le corps

Pendant une relation sexuelle, une grande partie de la communication est non verbale. Un rapprochement, un mouvement du corps, une main qui guide, une tension soudaine ou au contraire un mouvement de retrait nous renseignent sur ce que l’autre est en train de vivre.

Mais ces signes ne doivent pas devenir un jeu de devinettes.

Une hésitation, un corps qui se fige, un éloignement ou un silence inhabituel sont précisément de bonnes raisons de ralentir et de vérifier ce qui se passe. Et un sourire, une excitation corporelle ou une proximité ne permettent pas, à eux seuls, de présumer que tout est souhaité.

La parole peut alors rester très simple : C’est bien comme ça ? , Tu veux que je continue ? , Plus doucement ? 

Dans une relation installée aussi, le consentement n’est pas acquis une fois pour toutes. Il peut évoluer pendant un rapport, et chacun doit pouvoir changer d’avis sans avoir à se justifier.

Pouvoir entendre ce que l’autre dit sans immédiatement se sentir remis en cause

Il existe une difficulté particulière dans les conversations sexuelles; nous entendons parfois une information sur les préférences de notre partenaire comme un jugement sur notre propre valeur.

J’aimerais davantage de…  devient  Je ne lui suffis pas.  Je n’ai pas envie ce soir devient : Il ou elle ne me désire plus. 

Ça, je n’aime pas tellement devient : Je m’y prends mal depuis tout ce temps. 

À partir de là, la discussion devient vite défensive. Écouter sexuellement l’autre suppose donc de pouvoir entendre qu’il possède un corps, des préférences et un désir qui lui appartiennent. Une différence n’est pas nécessairement une critique et un refus ponctuel n’est pas forcément un rejet de la personne.

Lorsque les conversations sur la sexualité aboutissent presque toujours à une dispute, à du silence ou à un sentiment de rejet, la difficulté dépasse parfois la question sexuelle elle-même.

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Dire ce que l’on désire et ce que l’on ne désire pas

Exprimer ses envies n’est pas évident pour tout le monde. Certaines personnes savent surtout répondre aux propositions de leur partenaire mais ont beaucoup plus de difficulté à dire spontanément ce qui leur ferait plaisir.

La gêne peut venir de l’éducation, de la peur d’être jugé, d’expériences antérieures ou tout simplement du fait que l’on n’a jamais vraiment appris à penser sa sexualité en termes de préférences personnelles.

Il faut aussi distinguer plusieurs choses. Parler d’un fantasme ne signifie pas nécessairement vouloir le réaliser, exprimer une curiosité ne constitue pas une demande à laquelle l’autre devrait répondre, et entendre le désir de son partenaire ne signifie pas devoir le partager.

Une conversation sexuelle intéressante permet justement à ces nuances d’exister.

On peut dire : Cette idée m’excite et ne jamais souhaiter la vivre. Ou : J’aimerais essayer cela et entendre que l’autre n’en a pas envie.

La qualité du dialogue tient aussi à cette possibilité de dire oui, non, peut-être ou pas maintenant sans que toute la relation soit remise en cause.

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Vous pouvez également lire Amour et désir dans le couple : comprendre la différence, notamment lorsque l’amour est toujours présent mais que le désir a changé.

Lorsque les besoins sexuels ne sont pas les mêmes

Bien communiquer ne résout pas automatiquement toutes les différences. Deux partenaires peuvent parfaitement se comprendre et ne pas avoir la même fréquence de désir, les mêmes préférences ou la même manière d’entrer dans la sexualité.

C’est un point important, parce que les conseils autour de la communication donnent parfois l’impression que le bon dialogue finirait nécessairement par produire un accord.

Or il existe des désaccords réels. L’un peut souhaiter davantage de sexualité que l’autre. Une pratique peut avoir beaucoup d’importance pour l’un et aucune pour l’autre. Le désir peut être plus spontané chez l’un, davantage dépendant du contexte chez l’autre.

La communication sert alors moins à faire disparaître la différence qu’à éviter qu’elle soit immédiatement traduite en tu ne m’aimes plus, tu ne fais jamais d’effort ou je ne te suffis pas .

C’est souvent là que le dialogue devient véritablement utile.

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Les sujets dont il est particulièrement difficile de parler

Certaines conversations demandent davantage de sécurité, c’est le cas avec une baisse de désir, des difficultés d’érection ou d’orgasme, des douleurs, une pratique que l’on ne souhaite plus, un fantasme que l’on hésite à évoquer, une évolution de son rapport au corps ou encore certaines habitudes sexuelles individuelles.

Il n’est pas toujours nécessaire d’aborder tout cela immédiatement ni de tout dire.

Mais lorsqu’un sujet devient un non-dit durable, chacun finit souvent par construire sa propre explication. L’un pense qu’il n’est plus désirable, l’autre se sent sous pression. L’un peut éviter les rapprochements pour ne pas provoquer une attente sexuelle, l’autre interprète cet éloignement comme une confirmation du désamour.

Plus le temps passe, plus la conversation porte alors sur toutes ces interprétations plutôt que sur le problème initial.

Lorsque certains blocages sexuels ou relationnels prennent trop de place, un accompagnement peut aider à comprendre ce qui s’est installé et à retrouver un dialogue moins chargé.

J’accompagne ces questions en thérapie de couple, en sexothérapie ou, lorsque la difficulté concerne davantage l’histoire et le fonctionnement d’un seul partenaire, en thérapie individuelle, en visio ou au cabinet de Giat.

Parler de sexualité aussi quand il n’y a pas de problème

Il n’est pas nécessaire d’attendre une difficulté pour parler de sexualité. C’est même probablement plus facile lorsque la conversation n’est pas associée à une crise.

Après plusieurs années ensemble, on peut croire connaître parfaitement ce que l’autre aime. Mais les préférences sexuelles ne sont pas nécessairement immuables. Elles peuvent changer avec l’âge, les périodes de vie, la santé, la parentalité, la fatigue, les expériences et l’évolution du couple.

Il peut donc être intéressant de revenir de temps en temps sur ce qui procure actuellement du plaisir, ce qui a changé ou ce que chacun aimerait retrouver.

Cela ne nécessite pas forcément de programmer un rendez-vous sexualité toutes les semaines ou tous les mois. Pour certains couples, ce fonctionnement sera utile quand pour d’autres, il paraîtra complètement artificiel.

Ce qui compte davantage est qu’il existe suffisamment d’espace dans la relation pour que ces sujets puissent revenir sans qu’ils soient immédiatement vécus comme le signe que quelque chose va mal.

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Une sexualité dont on peut parler

La communication sexuelle ne garantit ni une libido identique ni l’absence de difficultés. Elle ne permet pas davantage de supprimer toutes les différences entre deux partenaires.

Elle permet en revanche de ne pas laisser l’autre entièrement deviner.

Dire davantage ce que l’on aime, pouvoir signaler ce qui ne convient pas, entendre qu’une envie n’est pas forcément partagée et accepter que la sexualité évolue au cours d’une relation rendent possibles des ajustements qui seraient beaucoup plus difficiles dans le silence.

Et lorsqu’il devient impossible de parler de sexualité sans que la conversation tourne au conflit, au sentiment de rejet ou à l’évitement, ce qui se passe entre les partenaires mérite parfois d’être regardé autrement.

Pour aller plus loin

Selon la question qui se pose actuellement dans votre couple, vous pouvez également découvrir :

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Et si les difficultés sexuelles ou les incompréhensions autour du désir prennent aujourd’hui trop de place dans votre relation, vous pouvez prendre rendez-vous pour une séance de sexothérapie ou de thérapie de couple, en visio ou au cabinet de Giat.

Je partage également sur Instagram @celinaretman des réflexions autour du couple, du désir, de la sexualité et des relations.
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