Il y a encore quelques années, consulter un thérapeute signifiait presque nécessairement se rendre dans son cabinet. La visioconférence a changé les habitudes, d’abord de manière assez brutale pendant la période du Covid, puis beaucoup plus durablement.
Pour certaines personnes, la visio est aujourd’hui un choix pratique. Pour d’autres, elle permet simplement d’accéder à un thérapeute qu’elles n’auraient pas pu consulter autrement. Et il reste aussi une question assez légitime : peut-on réellement faire une psychothérapie derrière un écran ?
La réponse est oui, dans de nombreuses situations. Les études comparant psychothérapie à distance et psychothérapie en présentiel retrouvent globalement des résultats comparables pour plusieurs types de difficultés psychologiques. L’alliance thérapeutique, c’est-à-dire la qualité du lien et du travail construit entre le thérapeute et la personne qu’il accompagne, peut également se développer en visioconférence.
Cela ne signifie pas pour autant que la visio et le cabinet sont strictement identiques. Certaines personnes se sentent immédiatement à l’aise avec ce format, et d’autres ont besoin de la présence physique et du cadre extérieur du cabinet. L’important est moins de déterminer quelle modalité serait la meilleure dans l’absolu que de trouver celle dans laquelle le travail thérapeutique peut réellement avoir lieu.
Une vraie relation thérapeutique peut-elle se créer en visio ?
C’est probablement la première réserve que l’on entend.
Un écran peut donner l’impression qu’il manquera quelque chose : la présence de l’autre dans la pièce, certains mouvements corporels, les quelques minutes d’arrivée et de départ qui entourent une séance.
Il existe effectivement des différences. Une partie du langage corporel est moins visible et une mauvaise connexion peut ponctuellement interrompre l’échange. Les thérapeutes travaillant en ligne doivent aussi adapter leur attention à ce format.
Mais la relation thérapeutique ne repose pas uniquement sur le fait d’occuper la même pièce.
Elle se construit aussi dans la régularité des séances, la qualité de l’écoute, le sentiment de pouvoir dire ce que l’on pense réellement, la confiance qui s’installe progressivement et la capacité à travailler ensemble sur ce qui amène à consulter.
Les recherches consacrées à l’alliance thérapeutique en visioconférence ne retrouvent d’ailleurs pas de différence majeure avec le présentiel en moyenne.
Dans la pratique, il arrive même qu’après quelques séances l’écran soit beaucoup moins présent dans l’esprit qu’on ne l’imaginait au départ.
Pouvoir choisir son thérapeute autrement qu’en fonction de son code postal
C’est probablement l’un des avantages les plus évidents de la psychothérapie en visio.
Lorsqu’on habite dans une petite ville ou en zone rurale, l’offre disponible autour de chez soi peut être réduite. Certains thérapeutes sont loin, certaines approches ne sont pas représentées localement et les délais peuvent être importants.
La visio élargit considérablement les possibilités.
Elle permet notamment de choisir un thérapeute pour sa manière de travailler, les problématiques qu’il accompagne ou simplement parce que l’on sent que sa façon d’aborder les choses nous correspond davantage.
Cette question de l’adéquation n’est pas secondaire. Une méthode peut être intéressante, mais il faut également pouvoir se sentir suffisamment en confiance avec la personne qui l’utilise.
Cela peut également permettre de maintenir un suivi après un déménagement, un changement professionnel ou une période passée loin de son domicile, sous réserve bien entendu que le cadre professionnel et la situation géographique permettent la poursuite de l’accompagnement.
Gagner du temps sans transformer la séance en rendez-vous parmi les autres
Pour beaucoup de personnes, le premier avantage de la visio reste très concret : il n’y a pas de trajet.
Une séance d’une heure ne demande donc pas nécessairement une demi-journée lorsqu’il faut ajouter la route, le stationnement ou les transports.
Cette différence compte particulièrement lorsque l’on travaille beaucoup, que l’on a des enfants ou que le cabinet le plus proche est à plusieurs dizaines de kilomètres.
Mais cette facilité comporte aussi un petit piège. Parce qu’il suffit d’allumer son ordinateur, on peut être tenté d’intercaler la séance entre deux réunions, de travailler jusqu’à la dernière minute puis de reprendre immédiatement après.
Or une psychothérapie reste un rendez-vous particulier.
Lorsque c’est possible, prévoir quelques minutes avant et après permet de ne pas passer directement d’un sujet très personnel à un mail professionnel ou à la préparation du dîner. Ce temps existe assez naturellement lorsqu’on se déplace jusqu’à un cabinet; en visio, il faut parfois le recréer soi-même.
Être chez soi peut faciliter certaines séances
Pour certaines personnes, parler depuis un environnement familier est plus facile.
Il n’y a pas à entrer dans un lieu inconnu, attendre dans une salle d’attente ou reprendre la voiture après une séance particulièrement chargée émotionnellement.
Le thérapeute entre aussi, d’une certaine façon, dans un petit morceau de l’environnement quotidien de la personne. Cela peut parfois apporter des éléments intéressants au travail : ce qui se passe autour d’elle, la manière dont elle organise son espace ou les contraintes très concrètes de son quotidien deviennent plus visibles.
Mais être chez soi n’est un avantage que si l’on peut réellement y disposer d’un espace suffisamment tranquille.
Faire une séance en surveillant constamment si quelqu’un va entrer dans la pièce, parler à voix basse parce qu’un conjoint se trouve dans la pièce voisine ou être interrompu plusieurs fois ne crée évidemment pas les meilleures conditions.
La confidentialité en visioconférence dépend donc aussi beaucoup du lieu choisi par la personne qui consulte.
Quand l’anxiété rend le déplacement difficile
La visio peut également rendre le premier pas plus accessible à quelqu’un pour qui sortir de chez soi, se déplacer ou entrer dans un cabinet inconnu provoque beaucoup d’appréhension.
Cela peut être précieux, notamment lorsque cette difficulté aurait autrement retardé très longtemps la demande d’aide.
Mais il faut conserver une nuance importante.
Si l’évitement fait précisément partie du problème, le but d’une thérapie ne sera pas nécessairement d’organiser durablement toute la vie pour éviter ce qui provoque de l’anxiété. Selon la situation, la visio peut constituer un point de départ avant de travailler progressivement sur ce qui est devenu difficile.
Le confort immédiat n’est donc pas toujours l’unique critère.
Si l’anxiété prend actuellement une place importante dans votre quotidien, vous pouvez faire gratuitement le test Suis-je sujet à l’anxiété ?
Vous pouvez également poursuivre avec l’article Anxiété : comprendre ses mécanismes et retrouver de l’apaisement.

Les bienfaits de la visioconférence
La visio peut être intéressante lorsqu’on est facilement surstimulé
Certaines personnes apprécient également ce format parce que le déplacement, la salle d’attente, les lumières, les bruits ou simplement l’accumulation des sollicitations représentent déjà une dépense d’énergie importante avant même que la séance commence.
Cela peut notamment concerner certaines personnes qui se reconnaissent dans une sensibilité sensorielle importante.
Là encore, il n’existe pas de règle, et d’autres auront au contraire besoin de sortir de leur environnement habituel pour réellement entrer dans la séance.
Si vous vous interrogez sur votre propre sensibilité, vous pouvez faire le test Suis-je hypersensible ? ou lire Hypersensibilité : la comprendre et mieux vivre avec.
Visio et cabinet : il n’est pas forcément nécessaire de choisir définitivement
On peut aussi penser les deux modalités avec davantage de souplesse.
Une personne peut commencer en visio puis préférer venir au cabinet. Une autre peut habituellement consulter en présentiel et utiliser ponctuellement la visioconférence lorsque les circonstances le nécessitent.
Ce qui compte est que le cadre reste suffisamment stable pour que la séance conserve sa place.
La visio n’est pas seulement une solution de secours lorsqu’on ne peut vraiment pas faire autrement. Elle peut constituer un véritable cadre thérapeutique. Mais cela n’interdit pas non plus de préférer le cabinet.
Il n’y a pas de mérite particulier à choisir l’un ou l’autre.
La confidentialité demande quelques précautions
Comme au cabinet, ce qui est échangé pendant la séance relève de la confidentialité.
Le format en ligne ajoute néanmoins quelques questions pratiques.
Il faut disposer d’une connexion suffisamment stable, d’un appareil permettant un échange correct et, surtout, d’un endroit où l’on peut parler sans craindre d’être entendu.
Un casque peut parfois être utile lorsque l’on vit avec d’autres personnes. Fermer les notifications et éviter de consulter parallèlement ses mails ou son téléphone aide également à préserver ce temps.
De son côté, le thérapeute doit lui aussi travailler dans des conditions garantissant la confidentialité de l’échange et utiliser des outils adaptés.
La visio demande donc quelques précautions supplémentaires, mais celles-ci deviennent généralement très simples une fois les habitudes prises.
La visio ne convient pas nécessairement à toutes les situations
Présenter la psychothérapie en visioconférence comme équivalente au cabinet ne signifie pas qu’elle est toujours indiquée.
Certaines personnes n’aiment tout simplement pas parler à travers un écran et se sentent davantage présentes lorsqu’elles se déplacent.
D’autres ne disposent pas chez elles d’un endroit confidentiel.
Certaines situations cliniques ou périodes de grande vulnérabilité peuvent également nécessiter un cadre différent, un accompagnement médical ou un dispositif de proximité.
Des difficultés techniques, une attention facilement distraite ou un environnement domestique très agité peuvent également diminuer la qualité d’une séance en ligne. Ces limites sont également relevées dans les travaux consacrés à la télépsychologie.
La question n’est donc pas de promouvoir la visio à tout prix.
Elle est de pouvoir se demander : dans quelles conditions est-ce que je peux réellement parler, réfléchir et travailler ?
Commencer une thérapie en visio quand on hésite encore
Il arrive que la difficulté ne soit finalement pas de choisir entre visio et cabinet, mais de savoir si l’on souhaite réellement commencer une thérapie.
On peut sentir depuis quelque temps que quelque chose ne va pas suffisamment bien, tout en se demandant si cela mérite une consultation, ou avoir pris l’habitude de fonctionner avec certaines difficultés au point de ne plus savoir si elles justifient une aide extérieure.
Il n’est pas nécessaire d’être en crise pour consulter.
Une première séance peut aussi servir à expliquer ce qui se passe, à réfléchir à ce qui pourrait être travaillé et à voir si la relation avec le thérapeute semble suffisamment confortable pour poursuivre.
Si vous hésitez encore, vous pouvez faire le test gratuit : Ai-je besoin d’une thérapie ?
Il ne remplace évidemment pas un échange avec un professionnel, mais peut offrir un premier repère.
Choisir le cadre dans lequel il devient possible de parler
La psychothérapie en visio n’est plus simplement une solution apparue pendant une période exceptionnelle. Elle est devenue pour beaucoup de personnes une manière habituelle de consulter.
Elle facilite l’accès à un thérapeute lorsqu’on habite loin, réduit les contraintes de déplacement et peut permettre une continuité plus simple dans certaines périodes de vie.
Mais son principal intérêt n’est peut-être pas d’être moderne, c’est simplement d’offrir une possibilité supplémentaire.
Certaines personnes auront besoin d’un cabinet et de ce trajet qui marque une séparation avec le quotidien. D’autres parleront beaucoup plus librement depuis chez elles, et d’autres encore passeront de l’un à l’autre selon les moments.
Le meilleur cadre reste celui dans lequel une véritable relation thérapeutique peut se construire et où il devient possible de travailler sur ce qui a conduit à demander de l’aide.
Pour aller plus loin
Si vous vous interrogez sur l’intérêt d’un accompagnement, vous pouvez commencer par le test gratuit Ai-je besoin d’une thérapie ?
Selon les difficultés que vous rencontrez actuellement, vous pouvez également découvrir :
Anxiété : comprendre ses mécanismes et retrouver de l’apaisement
Hypersensibilité : la comprendre et mieux vivre avec
Comprendre ses émotions : apprendre à les reconnaître sans les subir
Vous retrouverez également l’ensemble de mes tests gratuits sur le site.
Vous envisagez une thérapie en ligne ? Vous pouvez découvrir plus concrètement les avantages de la visio et le fonctionnement de mes consultations, puis prendre rendez-vous pour une séance en visioconférence.
Les consultations restent également possibles au cabinet de Giat lorsque vous préférez le présentiel.
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