Rentrée 2026 : je range mes sandales et mes illusions

Il y a toujours un moment, vers la fin août, où l’été n’est pas encore complètement terminé mais où la rentrée commence déjà à grignoter un peu de place dans la tête.

Les vacances sont parfois encore là, les sandales aussi, mais les mails reviennent, les agendas se remplissent, les horaires scolaires réapparaissent sur le frigo et cette petite voix recommence à faire la liste de tout ce qu’il va falloir reprendre, organiser, régler ou améliorer.

Voilà, c’est la rentrée 2026, et avec elle revient cette curieuse impression que septembre pourrait être l’occasion de remettre les compteurs à zéro.

Cette année, on va être mieux organisé, reprendre le sport, moins regarder son téléphone, manger correctement, ne plus se laisser déborder, voir davantage les gens qu’on aime et, tant qu’à faire, régler deux ou trois questions existentielles laissées en suspens pendant l’été.

À la fin du mois d’août, tout cela paraît encore parfaitement raisonnable, et puis la première semaine de septembre arrive avec ses horaires, ses imprévus, ses mails et cette manière très efficace de remettre nos grandes intentions à leur juste place.

Septembre ne remet pas les compteurs à zéro

J’aime bien ce que la rentrée contient de nouveau départ. Il y a quelque chose d’agréable dans les agendas encore presque vides, les projets que l’on recommence à imaginer et cette sensation que l’année peut prendre une direction un peu différente.

Mais nous ne revenons pas de vacances complètement neufs.

On revient avec ce qui était déjà là en juin, peut être une fatigue parfois bien installée, une relation compliquée, un travail qui ne convient plus vraiment, des questions que trois semaines au soleil n’ont pas miraculeusement résolues.

Et pour ceux qui n’ont pas vraiment eu de vacances, la rentrée peut même ressembler davantage à une accélération qu’à un recommencement.

C’est peut-être la première illusion à ranger avec les sandales, que septembre n’efface rien, mais peut en revanche rendre certaines choses beaucoup plus visibles.

rentrée 2026 photo

Le grand retour des « il faut »

La rentrée possède un talent particulier pour réveiller les injonctions.

Il faut reprendre un rythme. Il faut être efficace. Il faut anticiper. Il faudrait profiter de l’élan pour faire du tri, prendre de bonnes habitudes, remettre de l’ordre dans la maison, dans son alimentation, dans ses finances, peut-être même dans sa vie sentimentale.

Tout cela se mélange assez vite avec les obligations qui, elles, sont bien réelles.

Il faut effectivement remplir certains papiers, reprendre le travail, organiser les semaines, accompagner les enfants, faire les courses et remettre en route ce qui s’était un peu assoupli pendant l’été.

Le problème commence lorsque toutes les bonnes intentions viennent s’ajouter à un quotidien qui était déjà plein.

On ne manque alors pas forcément de motivation, mais parfois, simplement de place. Et aucune application d’organisation ne peut faire tenir durablement quinze heures de choses à faire dans une journée qui n’en contient pas assez.

Lorsque cette sensation de débordement ne date pas seulement de la rentrée, que la fatigue est devenue presque permanente et que chaque nouvelle demande donne l’impression d’être celle de trop, il peut être utile de regarder au-delà d’un simple problème d’organisation.

Vous pouvez faire le test : Suis-je à risque de burnout ?

La rentrée réveille aussi ce qui était un peu moins bruyant pendant l’été

Pour certaines personnes, septembre est surtout fatigant, et pour d’autres, il est anxiogène.

Les horaires reprennent, les attentes aussi. Les échéances reviennent, les enfants changent de classe, parfois d’établissement. Le travail redémarre plus fortement, et il faut à nouveau anticiper beaucoup de choses en même temps.

Et l’esprit s’y remet très vite. Que va-t-il se passer cette année ? Est-ce que je vais réussir à tout tenir ? Est-ce que les enfants vont bien s’adapter ? Est-ce que ce problème au travail va recommencer ? Est-ce que je vais encore me retrouver dans le même état dans trois mois ?

L’anxiété aime assez bien les périodes de transition, parce qu’elles contiennent davantage d’incertitude que les routines déjà installées.

Il ne s’agit pas d’essayer de ne penser à rien ou de se convaincre que tout ira forcément bien. Cependant, il peut être utile de repérer le moment où l’anticipation cesse d’aider à préparer les choses et commence simplement à occuper l’esprit.

Si cette tendance à anticiper, ruminer ou vous inquiéter prend beaucoup de place, vous pouvez faire le test : Suis-je sujet à l’anxiété ?

Vous pouvez également poursuivre avec Anxiété : comprendre ses mécanismes et retrouver de l’apaisement.

Une rentrée réussie n’a pas besoin de ressembler à une transformation

Le début septembre est aussi une excellente saison pour les nouveaux carnets.

On achète celui dans lequel, cette fois, tout sera noté correctement. On imagine la routine sportive qui tiendra enfin toute l’année, on décide que les soirées seront mieux organisées et les week-ends davantage consacrés à ce qui compte.

Il n’y a évidemment rien de mauvais à vouloir changer certaines habitudes, mais on peut aussi se demander pourquoi chaque nouveau cycle devrait être accompagné d’une nouvelle version de soi.

Certaines choses fonctionnent déjà et d’autres peuvent simplement être ajustées.

Il y a aussi ce que l’on sait depuis quelque temps qu’il faudrait regarder de plus près, mais que l’on préfère encore repousser en réorganisant ce qu’il y a autour.

Parfois, acheter un nouvel agenda est plus simple que reconnaître que ce n’est pas l’agenda le problème.

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Regarder où part réellement son temps

La rentrée remet très vite le temps au centre des conversations.

On n’a pas le temps. Il faut trouver le temps. On cherche un créneau. On reporte à la semaine prochaine, puis au mois prochain.

La question intéressante n’est pas seulement de savoir comment mieux organiser ses journées, mais aussi de regarder ce qu’elles contiennent.

Il existe évidemment beaucoup d’obligations que l’on ne choisit pas. Mais il arrive aussi que certaines choses importantes soient continuellement reléguées à quand j’aurai le temps.

Voir quelqu’un que l’on aime, reprendre une activité abandonnée, se reposer vraiment, réfléchir à une décision, ou simplement disposer d’une soirée où rien n’est prévu.

Et puis les mois passent.

La rentrée peut donc être une occasion assez simple de regarder où va réellement son temps, sans transformer cela en programme d’optimisation.

Cette question rejoint directement celle que j’aborde dans Notre rapport au temps : quand tout va trop vite.

Et ce qui comptait cet été ?

Il y a parfois quelque chose d’intéressant dans le retour de vacances où certaines choses paraissaient beaucoup plus évidentes quelques semaines auparavant.

On s’était promis de préserver davantage de temps dehors, de continuer à lire, de moins regarder son téléphone le soir, de revoir telle personne, de ne plus accepter certaines contraintes aussi facilement.

Puis septembre remet très rapidement tout le monde dans les rails habituels.

Tout n’a pas besoin d’être conservé, et les vacances sont aussi agréables précisément parce qu’elles ne ressemblent pas au quotidien.

Mais il peut être intéressant de se demander s’il y avait, dans cette période plus relâchée, quelque chose que l’on aimerait vraiment ne pas perdre complètement.

Pas dix résolutions. Une chose suffit largement.

Quand septembre remet en question un peu plus que l’emploi du temps

La rentrée peut aussi provoquer des réflexions plus profondes.

Reprendre un travail que l’on n’avait aucune envie de retrouver. Constater que les vacances en couple n’ont pas arrangé ce qui allait mal. Réaliser qu’un enfant grandit et qu’une période de vie est réellement terminée. Sentir que ce qui convenait encore il y a deux ou trois ans ne correspond plus autant aujourd’hui.

Ce sont parfois de toutes petites sensations au départ.

On ne sait pas forcément ce qu’on veut changer. On sait seulement que reprendre exactement de la même manière provoque une certaine résistance.

Il n’est pas nécessaire d’en faire immédiatement une crise existentielle ni de décider de changer de vie avant la fin septembre.

Mais cela mérite parfois de ne pas être balayé trop rapidement.

Si cette question concerne davantage le sens, les choix ou l’impression que votre vie ne ressemble plus suffisamment à ce qui compte pour vous, vous pouvez poursuivre avec Besoins existentiels : ce qui donne du sens à nos vies.

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On peut aussi ne pas être ravi que tout recommence

La rentrée est beaucoup présentée comme une période dynamique, et certaines personnes aiment réellement cette énergie-là.

Mais on peut aussi éprouver un petit pincement en voyant l’été se terminer, avoir du mal à reprendre le rythme, ne pas être particulièrement motivé ou simplement regretter une période où les journées étaient moins contraintes.

Cela ne signifie pas nécessairement que quelque chose va mal.

Il y a des transitions que l’on accueille avec enthousiasme et d’autres auxquelles il faut quelques jours pour s’adapter.

Tout le monde n’est pas obligé d’aborder septembre avec une nouvelle gourde, un bullet journal et un enthousiasme débordant.

Quand la rentrée devient surtout le moment où l’on recommence les mêmes choses

Il y a toutefois une différence entre avoir simplement besoin de quelques jours pour retrouver son rythme et voir revenir presque immédiatement les mêmes difficultés qu’avant l’été, comme l’anxiété, la fatigue, les tensions ou cette impression plus sourde de reprendre une vie que l’on supporte davantage qu’on ne la choisit.

Dans les consultations, septembre est souvent une période où certaines demandes réapparaissent précisément pour cette raison, car l’été avait créé une parenthèse, mais ce qui posait problème est toujours là lorsque le quotidien reprend.

Cela ne signifie pas qu’il faille nécessairement commencer une thérapie parce que l’on n’aime pas la rentrée.

Mais quand une difficulté s’installe depuis un moment, la reprise peut simplement la rendre plus difficile à ignorer.

Si vous vous demandez si un accompagnement pourrait être utile aujourd’hui, vous pouvez faire le test : Ai-je besoin d’une thérapie ?

Et si vous souhaitez en parler, je propose des consultations en psychothérapie individuelle, en visio ou au cabinet de Giat.

Peut-être ne pas tout recommencer cette année

Alors non, la rentrée 2026 ne sera probablement pas l’année où tout sera parfaitement organisé.

Il restera des mails auxquels on répondra trop tard, des semaines plus chargées que prévu, des bonnes intentions abandonnées quelque part avant octobre et des journées où le dîner sera beaucoup moins équilibré que ce que l’on avait imaginé.

Ce n’est peut-être pas très grave.

Il reste en revanche possible de regarder un peu plus sérieusement ce que l’on ne veut plus reprendre exactement comme avant.

Une habitude qui épuise. Une obligation que l’on accepte systématiquement. Une place que l’on ne s’accorde jamais. Un projet repoussé depuis trop longtemps. Ou simplement cette manière de remplir chaque espace disponible jusqu’à ne plus très bien savoir ce qui nous manque.

Et si cette rentrée ne servait pas à tout recommencer, mais à choisir une ou deux choses que l’on n’a plus envie de recommencer de la même manière ?

Pour aller plus loin

Si cette rentrée vous trouve déjà fatigué(e), vous pouvez faire le test Suis-je à risque de burnout ?. Si l’anticipation et les inquiétudes prennent davantage de place, vous pouvez également faire le test Suis-je sujet à l’anxiété ?

Vous pouvez poursuivre avec Notre rapport au temps : quand tout va trop vite, Besoins existentiels : ce qui donne du sens à nos vies ou encore Écrans, réseaux sociaux et smartphones : comprendre leur impact sur notre vie.

Et si cette rentrée remet au premier plan une difficulté que vous repoussez depuis quelque temps, vous pouvez prendre rendez-vous pour une séance de psychothérapie en visio ou au cabinet de Giat.

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